Destination : 149 , Le retour


Retour aux souces

Retour aux sources



Je passe en revue ma liste : papiers d’identité, billet de train, billet d’avion… Tout est ok.

J’attrape ma valise, saute dans le taxi, direction la gare TGV.

Après 2h30 de voyage dans un train bondé, où se mêlent cris d’enfants et sonneries de portables, me voilà à Paris. Je marche aussi vite que possible, zigzaguant entre les voyageurs.

Orly sud en vue. L’impatience et l’excitation du départ s’emparent de moi.

Encore quelques formalités et l’attente commence. Mon vol est prévu à 18h30 : vol Corsairfly SS910.

Pour tuer l’ennui, je déambule dans le terminal, m’arrêtant devant les boutiques ou observant les allants et les passants.



Soudain, j’entends l’appel pour l’embarquement.

Enfin, j’approche du but ! Bientôt, je serai chez moi…

Je laisse remonter en moi les sensations qui m’envahissent chaque fois que je retourne là-bas. Mon cœur bat la chamade. Je suis fébrile et empressée. Le bonheur me transporte à 10 000 kms de la France !

Je me plais à penser à mes prochaines balades le long des plages bordées de filaos et de flamboyants.

Déjà, mon esprit s’envole vers cette contrée lointaine.



Je m’installe dans mon fauteuil, et bientôt les souvenirs, les couleurs, les odeurs affluent…

Je me souviens de mes grands-parents doux et aimants dans leur modeste maison, mais emplie d’amour.

Je revois les arbres chargés de mangues et de letchis, les lianes de vanille s’enroulant autour des troncs, la beauté des hibiscus, des oiseaux de paradis, des frangipaniers, des bougainvilliers… magnifique mélange de couleurs éclatantes.

L’odeur des épices me revient : safran, gingembre, piments, massalé, combava… pur délice dans les plats « péi ». Quel enchantement pour les papilles que ces caris poulet, rougails saucisses et autres samoussas…

Je repense aux splendides paysages, mosaïque d’éruptions volcaniques, de cascades, de falaises battues par la furie du vent, de villages nichés au creux des cirques, de plages et de lagons. J’entends même le bruit des vagues !

Je me remémore mon enfance là-bas. Je pense à ma vie ici, exilée en métropole.

Les larmes me montent aux yeux…



Au terme de dix heures de vol, l’avion amorce sa descente et les fonds coralliens apparaissent sous mes yeux ébahis. Comme toujours, je suis surprise par tant de beauté.

L’appareil se pose sur la piste de l’aéroport Roland Garros, à Saint-Denis de la Réunion.



Me voilà, enfin, dans mon île, mes racines, sur cette terre qui m’a vu naître.

Un retour aux sources…

Cathy H.